Pisa or not Pisa

Avec la publication du dernier classement PISA de l’OCDE, les performances du système éducatif français sont à nouveau au cœur du débat. La France se stabilise dans la moyenne mais surtout avec le même constat qu’il y a 3 ans : les origines sociales ont une nette influence sur la réussite scolaire. Les quotidiens n’hésitent pas à s’en emparer pour qualifier « les élèves français de médiocres » alors que c’est le système dans lequel ils évoluent qui doit être remis en question.

Que penser de ces tests ?

Si ce classement est largement exploité pour justifier de nouvelles réformes de l’éducation nationale, la légitimité de ces tests, quant à elle, n’est jamais remise en question. Et pourtant ils suscitent des interrogations tant sur la forme que sur le fond :

  • Premièrement, ils ne concernent que trois matières : lecture, maths et sciences. Qu’en est-il du reste ? Et par reste n’entendons pas seulement l’histoire ou les langues mais aussi la musique, le sport, les arts plastiques et surtout ce qui n’est jamais considéré dans notre système éducatif : le savoir-être. L’OCDE justifie le choix de la culture scientifique par son influence positive sur la croissance économique d’un pays. Certes, mais lorsque l’on parle d’éducation, n’y a-t-il pas d’autres enjeux primordiaux notamment le respect des différences ?
  • Deuxièmement, le test se compose de questions ouvertes et à choix multiples, le but étant d’évaluer l’aptitude des élèves à appliquer les connaissances acquises à l’école aux situations de la vie réelle. Il est important de souligner que les français ne sont pas habitués à ce type d’exercices, contrairement aux premiers du classement. Et une fois sorti du cursus scolaire, qui affronte dans sa vie professionnelle des tests de niveau de ce type ? Quel que soit le problème posé, il est décontextualisé de la vie réelle puisque l’élève se retrouve seul face à une liste de questions, la pression de l’examen en prime.

Au lieu de standardiser des tests dans le but de classer des systèmes éducatifs de pays culturellement et économiquement différents pour ensuite qualifier les uns de bons et les autres de mauvais, se concentrer sur la base, c’est-à-dire s’interroger sur la façon de répondre aux besoins propres des élèves en termes d’apprentissage et de choix d’orientation paraît plus urgent et productif.

Quelle école pour demain ?

Aujourd’hui le taux d’échec scolaire montre à quel point il est urgent de repenser le système éducatif. Les constats alarmants s’empilent sans qu’une véritable réforme ne soit lancée.

Le modèle d’autorité / soumission n’a plus sa place aujourd’hui dans l’éducation, lui succèdent la bienveillance et la coopération. Une école qui se centre sur l’élève a de plus fortes chances de voir celui-ci trouver sa voie et s’épanouir. Pour cela, une approche individualisée sur l’apprentissage, les capacités et les centres d’intérêt de l’enfant permet de l’accompagner de façon personnalisée dans sa scolarité.

Quant au système d’évaluation, il mériterait d’être revu avec davantage d’observation dans des mises en situation concrètes qui révéleraient les aptitudes de savoir-faire et savoir-être de chacun. Car c’est l’ensemble qui éclairera le jeune sur son choix d’orientation et d’activité professionnelle.

Heureusement, de plus en plus d’enseignants sont conscients des limites de l’utilisation d’une même méthode pour tous et se montrent créatifs sur leur pédagogie afin de s’adapter aux profils des élèves. Leurs résultats sont remarquables tant sur l’apprentissage que sur le comportement. Les prises de conscience et les initiatives individuelles se multiplient année après année et cette tendance encourageante nous permet de garder espoir en notre système, pisa ou pas.

 

« L’enseignement devrait être ainsi : celui qui le reçoit le recueille comme un don inestimable mais jamais comme une contrainte pénible ». A. Einstein

 

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